Honorer la fatigue — quand le corps demande l’hiver
- Admin
- 18 janv.
- 3 min de lecture

Ralentir & reposer le système
Ces dernières semaines, j’ai senti quelque chose changer dans ma façon d’écrire. Quand je parle depuis l’intérieur, quand je raconte ce que je traverse vraiment, vos retours sont plus nombreux, plus vibrants. Comme si, à travers mon vécu, quelque chose venait toucher le vôtre.
Alors aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de théorie. Je vais vous parler de fatigue.
Pas celle qu’on soigne avec un week-end off.
Pas celle qu’on fait taire avec un café ou une to-do list mieux organisée.
Je parle de la fatigue profonde, celle qui s’installe quand le système nerveux a trop tenu. Trop contenu. Trop encaissé. Trop survécu.
Ces derniers temps, mon corps m’a clairement envoyé un message :
“C’est l’hiver. Tu peux arrêter.”
Et pourtant… rien, extérieurement, ne justifiait vraiment cet état. Mon travail me plaît. J’accompagne. Je crée. Je transmets. Mais à l’intérieur, quelque chose demandait moins. Moins de rythme. Moins de stimulation. Moins d’attentes.
Dans mes accompagnements, j’observe la même chose chez beaucoup de femmes. Elles arrivent en disant :
“Je suis fatiguée, mais je ne comprends pas pourquoi.”
En creusant, ce n’est presque jamais “juste” de la fatigue. C’est un système nerveux qui n’a plus accès au mode repos. Un corps qui n’a jamais vraiment atterri. Une vigilance constante, souvent ancienne, parfois héritée, presque toujours invisible.
On vit dans une culture qui valorise la régulation par le mental. Alors que le corps, lui, parle en saisons.
Il y a des moments pour l’élan, l’expansion, le mouvement. Et il y a des moments pour l’hiver intérieur.
L’hiver n’est pas une panne. C’est un temps de réparation.
Mais encore faut-il oser l’honorer, sans culpabilité.
Ce que j’ai compris — par mon propre vécu et par celui de mes clientes — c’est que ralentir n’est pas un choix rationnel. C’est une réponse physiologique.
Quand le système est trop longtemps en alerte, il finit par appuyer sur le frein à votre place. Fatigue inexpliquée. Brouillard mental. Hypersensibilité. Envie de s’isoler. Corps lourd. Larmes faciles.
Ce ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des signaux d’intelligence corporelle.
Aujourd’hui, je n’essaie plus de “passer au-dessus”. J’essaie d’écouter.
Et c’est ce que j’enseigne aussi : on ne répare pas un système fatigué en lui demandant de faire encore plus.
Une proposition pour accompagner cette période
Le rituel de l’hiver intérieur (10 minutes)
Je te partage un rituel très simple, que je pratique moi-même et que je propose souvent en accompagnement.
1. Installe-toi dans un espace chaud et contenante Une couverture, un coussin contre le ventre ou la poitrine. Le corps a besoin de sentir qu’il est tenu.
2. Pose une main sur le bas-ventre, une sur le cœur Respire lentement, sans chercher à modifier quoi que ce soit. Laisse le souffle s’approfondir seul.
3. Dis intérieurement (ou à voix basse) :
“Je reconnais ma fatigue. Je n’ai rien à prouver. C’est l’hiver, et je peux me reposer.”
Reste là 5 à 10 minutes. Pas pour aller mieux. Juste pour être avec ce qui est.
C’est souvent dans ces espaces-là que le système commence, doucement, à se réguler.
Si ce texte résonne, c’est peut-être que ton corps aussi demande l’hiver. Et si c’est le cas, sache une chose essentielle :tu n’es pas en retard, tu es en train de te réparer.
Je continuerai à vous partager ces fragments de vécu, Parce que je crois profondément que la guérison passe aussi par la reconnaissance mutuelle.
De tout coeur,
Sanessence


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